Ma soirée

Une soirée contrariée

 

 

Un dimanche soir d’été comme les autres, m’est arrivé une aventure peu commune.

Ce jour, comme les autres, entre 16h et 18h30, je vaquais à mes occupations sages et distrayantes.

C'est-à-dire, lecture, jeux sur tablette, visionnage de télévision… pour cela, pour être à l’aise je relève mes pieds sur le fauteuil relax et des fois je baisse la tête…

Ce dimanche, je n’avais pas baissé la partie supérieure du fauteuil et je jouais tranquillement sur mon net book car l’auxiliaire du matin avait oublié de faire recharger la tablette.

18h à mon réveil : toute occupée à mon jeu, je ne fais pas cas d’un bruit, un « tuit », venant de ma live box. Mais en regardant ma boîte mail, je me rends compte que je n’ai plus de connexion sur internet.

« Ça y est ! Ça recommence ! Mon routeur fait encore des siennes ! » Il faut savoir que j’avais passé la journée du jeudi à essayer de réparer une panne de réseau. En fin de journée, me rappelant ce que mon fils me dit toujours dans ces cas là : « t’as qu’à lire les instructions ». Ce qui fut fait et remis en état.

Mais, cette fois ci, je suis seule et il n’y a personne pour appuyer sur le bouton. Que cela ne tienne, je vais jouer à des jeux enregistrés sur l’ordinateur. Aussitôt dit, aussitôt fait ! Mais, qu’entends-je ? Un double « tuit tuit » ça c’est trop fort !

Je veux me relever pour voir ma box à travers les dossiers des chaises.

J’appuie sur la télé commande et ce n’est qu’à ce moment que je réalise qu’il y a coupure de courant. Je vérifie : pas de voyant de veille à la télévision, pas de voyant à la prise de courant, pas de lumière à ma lampe de chevet.

Qu’est que c’est que ça ? Une coupure de courant ? Un dimanche soir ? Sans ciel d’orages, sans le moindre souffle de vent ? C’est peut être le compteur qui a sauté ?

Et je suis là, les jambes en l’air, à me demander qui appeler ? Si ça vaut le coup d’appeler ? Et Martine, la voisine qui n’est pas là.

Après tout, il est déjà 18h15 : (J’ai un réveil à pile.) l’auxiliaire du soir arrive dans une demi-heure, au plus tard. D’ici là, la lumière sera revenue, ou dans le cas contraire on avisera… Je peux bien rester les jambes relevée…

Et je retourne à mon jeu de réussite puisque mon net book a encore 30% de charge et que la télévision est sans son et sans image ! Je n’ai pas trop le choix des occupations.

Lire m’est impossible le soir, j’ai des difficultés à tenir mon livre et à tourner les pages.

18h45 : Arrivée de l’aide  qui ne peut pas téléphoner pour prendre son service.

J’ai le téléphone par internet.

Elle va vérifier le compteur à la cave, sans oublier de prendre l’indispensable lampe de poche, car la pièce est sans fenêtre. Pourquoi les compteurs sont dans le noir ?

Elle m’aide à m’extraire de mon siège-piège.

Que d’énergie dépensée pour me relever ! Et quelle chance de n’être pas complètement allongée ! Juste un demi-mal !)

Assise sur le fauteuil roulant avec, enfin, les pieds en bas, elle me pousse jusqu’à la cuisine, pour préparer le repas, ou plutôt le réchauffer.

Heureusement que je n’ai pas changé ma vieille table de cuisson au gaz pour une plaque à induction, car les deux fours, micro-onde et traditionnel ne fonctionnent pas !

Le dîner, réchauffé à la poêle, est vite avalé.

Je n’ai pas faim, la fatigue et le stress m’empêchent de mâcher correctement.

Le coucher s’effectue sans trop de problème, mais ce soir, la soirée risque d’être longue ! Pas de télé, pas de tchat ni de jeux d’ordinateur, pas de lecture non plus !

La télévision est sur l’internet. Mon net book est déchargé ainsi que ma tablette. Et pour lire, j’ai besoin de m’asseoir dans le lit releveur et ce soir, que nenni ! Le lit ne se relèvera pas, ni des pieds, ni du buste !

Allongée tout à plat, me reste qu’à écouter la musique sur mon lecteur MP3, à condition qu’il ne soit pas déchargé ! C’est bon il reste une barrette sur quatre ! Ça tiendra ! Je branche les écouteurs et j’effectue mon réglage sur la station de radio : « rires et chansons ».

Comme j’ai des problèmes de jambes lourdes je demande à avoir un traversin sous le matelas au pied du lit, ainsi qu’un coussin sous la tête pour palier ma raideur cervicale.

 

L’assistante et moi effectuons une shake list pour voir mes besoins :

-la présence verte ne marche pas, donc je ne bouge pas de mon lit pas de secours.

-le téléphone ne marche pas, juste mon mobile qui est chargé, je peux appeler en cas de force majeure

- la lumière ne marche pas, j’ai bien ma lampe de poche mais essayez donc de marcher avec un déambulateur à la lampe ! Donc, pas d’envie pipi svp, en espérant que l’électricité revienne vite ! ça on peut le savoir ! en allant chercher l’information…à EDF.

 

Nous voilà parties à la pêche au numéro. Où ça ? Pas sur internet, sur l’annuaire papier que j’ai bien fait de demander. Mais, pas d’EDF sur l’annuaire ! On cogite, encore de l’énergie dépensée ! Euréka ! L’auxiliaire a trouvé ! Il faut regarder sur une facture. Et, en avant pour une chasse à la facture !

Je dis bien la chasse !

Durant l’été, les auxiliaires de vie prennent leurs congés et se remplacent mutuellement. Donc il arrive souvent qu’elles ne connaissent pas tout certaines de mes habitudes, certains  de mes rangements. Et je dois expliquer…pas toujours facile !

Donc, j’ai indiqué le classeur-bois avec les portes qui s’enroulent, la pile de gros classeurs rangés dessus et je ne sais en dire plus sur la couleur du classeur à factures. Donc voilà qui explique l’arrivée de deux gros classeurs au pied de mon lit. On cherche, on trouve…voilà le numéro d’urgence.

Il faudra l’enregistrer sur mon mobile.

Une hôtesse répond, une machine parlante qui vous dit d’appuyer sur telle touche selon votre choix. Ça dure un petit moment pour avoir enfin le renseignement : panne de secteur sur St Georges et sur St Michel. On le savait déjà ! Mais me voilà rassurée ça ne vient pas de chez moi. La machine demande si on veut parler à un conseiller, on tente. Ça dure un petit moment de musique pour avoir enfin le conseiller qui ne nous apprend pas grand-chose, juste que c’est un problème d’alimentation.

(Il devrait voir un diététicien ! pour ce problème d’alimentation !)

L’auxiliaire explique à ce monsieur que je suis un personne à mobilité réduite et que j’ai beaucoup d’appareils fonctionnant à l’électricité. Celui-ci demande quels sont les appareils. Elle énumère : un fauteuil de confort, le lit médicalisé, le téléphone, la télévision, l’ordinateur portable… Il la coupe et dit : «tout ça c’est du confort ! »

(En fait de confort, j’ai un con et fort en plus !)

La conversation s’arrête là. On ne sait toujours pas si la lumière reviendra, ni quand…

Je m’allonge donc, les écouteurs branchés et j’essaie de me relaxer. L’auxiliaire de vie me laisse, ayant fait son travail, même plus. Elle est restée une demi-heure de plus qu’à l’habitude.  Mais, pour moi les contrariétés ne sont pas terminées !

22h30 : l’électricité revient.

Je le sais… La lumière du plafonnier m’a brusquement éblouie. Elle était restée allumée… Mais il va falloir l’éteindre car franchement je ne peux pas dormir avec une lumière si intense braquée sur moi.

Mais comment faire ? Je réfléchis : je ne peux pas me lever du lit, juste m’asseoir sur le bord et essayer de fermer ce spot.

Mais comment atteindre l’interrupteur ? J’ai la solution : ma cuillère en bois… magique ! Celle qui m’aide à atteindre l’interrupteur ! Elle vaut une télécommande !

Mais comment m’assoir ? J’ai la solution : la télécommande du lit…

La télécommande du lit s’est mise en sécurité. Il faut appliquer sur les voyants une petite carte magnétique. Mais je ne peux pas le faire sans prendre la télécommande en main. Et elle est coincée sous le matelas

Après de multiples efforts j’abandonne, je suis couchée sur le matelas  et je ne peux pas me déplacer. J’essaye donc de me relever sans aide du releveur, mais ce sont les jambes qui sont relevées ! Et oui ! Le traversin, sous le matelas ! Après un quart d’heure d’efforts, à force de petits déplacements sur le côté j’arrive à m’assoir sur le bord du lit. Quelle énergie dépensée !  Que de contrariétés !

Je pense à décoincer la télécommande du lit et j’arrive, à force d’étirements à baisser l’interrupteur. Je me recouche… vannée, lessivée, fatiguée, crevée, épuisée…

Je mérite bien un peu de réconfort avec tout mon confort !

Maintenant que tout fonctionne je vais pouvoir regarder la télévision, le buste relevé, juste ce qu’il faut. C’est bon ! Mais ça ne dure pas…

 

23h15 : L’électricité se coupe  et me voilà assise sur le lit dans le noir.

Que faire ? Rien ! Il n’y a rien à faire, ni à voir ! Rien qu’attendre que l’électricité revienne… sagement… Restée le plus relaxée possible… Se détendre… Ce n’est que le confort qui est atteint…

Je dors bien, assise dans la voiture et après tout dormir assise c’est toujours dormir.

 

23h50 : Je suis réveillée en sursaut par le « touing » de la télévision.

Elle s’’est rallumée. Je ne sais plus où je suis ni ce que je fais assise dans mon lit.

Je reprends mes esprits et je décide de tout éteindre et de dormir.

 

Mais le sommeil m’a quitté.

Je passerai le reste de la nuit à essayer de m’endormir.

 

Voilà ! C’était une soirée contrariée et mouvementée. Une simple panne qui a perturbé et même démoli mon confort… Non, ma vie n’était pas en danger… quoique que…  presque…

 

Monique (24.08.2013)

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